Plages du lac de Sainte-Croix : lesquelles choisir
Activités nature

Plages du lac de Sainte-Croix : lesquelles choisir

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Quatre plages du lac de Sainte-Croix disposent d’une baignade surveillée en juillet et en août : Sainte-Croix-du-Verdon, Bauduen, Les Salles-sur-Verdon et le Galetas à Aiguines. Les autres rives se pratiquent librement, sans sauveteur. Chacune impose son ambiance, son ombre et sa logistique de stationnement.

Le choix se joue rarement sur la beauté du site, identique partout : eau turquoise, calcaire blanc, collines de chênes verts. Il se joue sur l’heure d’arrivée, la place à l’ombre et la distance entre le coffre de la voiture et la serviette.

Les quatre plages surveillées, une par une

Le poste de secours change tout pour une journée en famille. Le Parc naturel régional du Verdon, créé en 1997, recense quatre communes qui arment une zone de baignade surveillée pendant les deux mois d’été. Leurs caractères n’ont rien de commun.

La plage du Galetas, à Aiguines

C’est la carte postale du Verdon, celle des photos aériennes. La plage du Galetas occupe le fond du lac, exactement là où la rivière débouche du canyon sous le pont. Les canoës, paddles et bateaux électriques partent d’ici pour remonter entre les parois.

Conséquence directe : la plage vit au rythme d’une base nautique. Ça circule, ça charge, ça décharge. L’ambiance est vivante plutôt que reposante, la surface de galets et de sable grossier assez large, l’ombre naturelle quasi absente en dehors des quelques arbres en retrait. Le stationnement, réparti sur les aires de part et d’autre de la route, sature avant onze heures en plein été.

Margaridon, aux Salles-sur-Verdon

Sur la rive nord-est, Margaridon est la plage des Salles-sur-Verdon, à quelques centaines de mètres du centre du village. Elle réunit les critères qui comptent avec des enfants : entrée dans l’eau douce, pinède qui vient mourir sur le rivage, sanitaires et commerces à portée de pieds nus.

L’ombre y est réelle, pas symbolique. Les pins d’Alep couvrent une bonne partie de la bande haute, ce qui autorise une journée entière sur place sans fuir vers la voiture à quatorze heures. Le revers : cette qualité se sait, et les meilleures places disparaissent tôt.

La plage du village, à Sainte-Croix-du-Verdon

Sous le village perché, la plage de Sainte-Croix-du-Verdon offre la vue la plus dessinée du lac, avec les maisons empilées au-dessus de l’eau. Le sable y est plus fin qu’ailleurs, la pente douce, et le port de plaisance voisin apporte un peu d’animation sans envahir la baignade.

Le point faible est mécanique : la route d’accès descend en lacets vers la rive et le parking se remplit vite, sans échappatoire une fois la file engagée. Arriver avant dix heures ou après seize heures évite l’essentiel du problème.

Plage de galets clairs au bord d une eau turquoise, village provençal perché en arrière-plan

Bauduen, sur la rive sud

Bauduen propose l’ambiance la plus provençale du tour du lac : une esplanade en bord d’eau, des terrasses face au plan d’eau, des maisons de pierre en second rideau. La plage est faite de galets clairs et reste sensiblement moins fréquentée que celle de Sainte-Croix, avec un rythme plus lent.

C’est le choix des séjours sans programme, quand l’objectif de la journée tient en trois mots : nager, lire, déjeuner. Un club nautique complète l’offre pour ceux qui veulent naviguer à la voile ou en paddle sans traverser le lac.

Les rives libres, criques et anses

Au-delà des quatre zones surveillées, la ligne de rive du lac se parcourt en grande partie à pied. Les anses de Chabassole, côté Aiguines, et les criques disséminées entre Bauduen et Les Salles reçoivent les visiteurs qui acceptent dix à vingt minutes de marche contre le calme.

Ces criques n’ont ni sauveteur, ni poubelle, ni sanitaires. Le contrat est clair :

  • vous emportez votre eau, votre ombre et vos déchets, sans exception ;
  • vous entrez dans une eau dont personne ne surveille la profondeur ;
  • vous laissez la voiture sur une aire, jamais sur un accotement étroit ni devant un chemin agricole ;
  • vous évitez les zones balisées d’interdiction, souvent liées aux ouvrages ou aux fonds instables.

Les berges autour de Sainte-Croix-du-Verdon offrent le compromis le plus accessible : dix minutes de sentier depuis le village et vous quittez la densité de la plage principale, tout en gardant les commerces à proximité.

Choisir sa plage selon la journée prévue

Un lac de cette taille se joue en secteurs. La surface avoisine 2 200 hectares selon l’office de tourisme de Sainte-Croix-du-Verdon, et un aller-retour d’une rive à l’autre coûte facilement quarante minutes de route sinueuse. Décider avant de partir vaut mieux que d’improviser sur place.

Les repères par type de journée :

  • journée bateau ou remontée du canyon : Galetas, sans discussion, tous les loueurs y sont ;
  • journée famille avec siestes et goûters : Margaridon, pour l’ombre et les commerces ;
  • journée courte depuis un logement du secteur nord : la plage du village de Sainte-Croix ;
  • journée lente, repas en terrasse et baignades : Bauduen ;
  • journée solitude et photo : les criques de la rive sud, tôt le matin.

L’orientation compte aussi. Les rives est reçoivent le soleil du matin de plein fouet et perdent la lumière plus tôt en soirée ; les rives ouest gardent une belle lumière rasante jusqu’à la fin de journée, appréciable pour les baignades tardives.

Pour caler l’ensemble du séjour autour de ces choix, nos conseils pour préparer un séjour dans le Verdon détaillent les saisons, les temps de trajet et les pièges de circulation. Et si le point de chute n’est pas encore arrêté, l’article sur où loger autour du lac de Sainte-Croix compare les villages riverains.

Pinède descendant jusqu au rivage avec des baigneurs installés à l ombre au bord du lac

Le moment de la saison change la donne

La même plage ne se vit pas de la même façon en juin et le 14 août. Le calendrier pèse autant que le choix du site, parfois davantage.

  • fin mai et juin : eau encore froide, plages presque vides, sauveteurs absents, lumière longue en soirée ;
  • juillet et août : surveillance en place, tous les services ouverts, stationnement critique dès le milieu de matinée ;
  • première quinzaine de septembre : eau à sa température maximale de l’année, fréquentation en chute, commerces encore ouverts ;
  • octobre : baignade réservée aux volontaires, mais tour du lac et berges magnifiques sous une lumière basse.

L’arrière-saison réunit les meilleurs paramètres pour qui n’est pas contraint par le calendrier scolaire. La masse d’eau accumule la chaleur tout l’été et la restitue lentement, si bien que la baignade de septembre est souvent plus agréable que celle de juin, dans un décor où les parkings redeviennent accessibles à midi.

Berge déserte du lac au lever du soleil avec brume légère sur l eau et collines de chênes verts

Ce que la réglementation autorise sur l’eau

Le lac de Sainte-Croix n’est pas un plan d’eau ordinaire. Il alimente une partie de la Provence en eau potable, ce qui explique la sévérité des règles. Le Parc naturel régional du Verdon les résume ainsi pour la retenue :

  • les moteurs thermiques sont interdits, hors services de secours ;
  • la vitesse des embarcations à moteur est limitée à 20 kilomètres-heure ;
  • la puissance motrice ne dépasse pas 25 chevaux ;
  • à moins de 50 mètres de la rive, la vitesse tombe à 3 kilomètres-heure et la navigation se fait perpendiculairement au rivage ;
  • la plongée en scaphandre et la chasse sous-marine sont interdites, la turbidité de l’eau rendant les secours aléatoires ;
  • les sauts de falaise sont proscrits.

Cette interdiction des moteurs thermiques explique le silence qui frappe les visiteurs habitués aux lacs alpins. Aucun ronronnement de hors-bord, aucune odeur de carburant : seulement des pagaies, des voiles et de petits moteurs électriques. Ce parti pris, doublé de la vocation d’eau potable, protège aussi la qualité de baignade.

Vers les gorges, la limite est balisée. La remontée au-delà du pont du Galetas s’arrête aux bouées jaunes, et les voiliers renoncent au canyon dès que le vent dépasse 28 kilomètres-heure, toujours selon le Parc du Verdon. Les activités nautiques du secteur, du pédalo au kayak, sont détaillées dans notre panorama des activités nature du Verdon.

La logistique qui fait ou casse la journée

Le lac est né du barrage de Sainte-Croix, mis en eau en 1974 d’après l’office de tourisme de Moustiers-Sainte-Marie, avec une profondeur qui atteint 93 mètres dans sa partie la plus creuse. Cette origine artificielle a deux conséquences très concrètes pour un baigneur.

D’abord le marnage. Le niveau varie au fil de la saison et de la gestion hydraulique, si bien qu’une plage large en juin peut se réduire nettement en fin d’été, ou au contraire s’élargir en découvrant des bandes de galets. Les repères visuels d’une année sur l’autre sont trompeurs.

Ensuite les hauts-fonds. Des rochers et des seuils affleurent selon le niveau, ce qui impose la prudence en pédalo comme à la nage au-delà de la zone balisée. Les plongeons depuis un rocher inconnu relèvent du pari.

Le reste tient à quelques gestes simples :

  • arriver avant dix heures en juillet et en août, ou viser la fin d’après-midi ;
  • prévoir un parasol dès que vous quittez Margaridon, l’ombre naturelle étant rare ailleurs ;
  • glisser des chaussures d’eau dans le sac, les galets étant glissants et parfois coupants ;
  • emporter plus d’eau que prévu, le mistral asséchant plus vite qu’on ne le croit ;
  • vérifier la monnaie ou l’application de paiement pour les parkings des sites les plus fréquentés.

L’eau reste fraîche, y compris au cœur de l’été, car le Verdon descend de zones d’altitude et le lac est profond. Une entrée progressive, après une longue exposition au soleil, évite le choc thermique. Ce détail concerne particulièrement les enfants et les nageurs qui s’éloignent du bord.

Petits bateaux électriques et canoës amarrés près de l entrée du canyon sous un pont de pierre

Prolonger la baignade au-delà de la plage

Une journée au bord du lac gagne à ne pas rester statique. Le tour du plan d’eau par la route relie les quatre villages riverains en une petite heure et demie sans arrêt, avec des points de vue en surplomb qui valent la halte, notamment sur la portion entre Aiguines et Bauduen.

Côté nord, Moustiers-Sainte-Marie se rejoint en quelques minutes depuis le Galetas et permet d’enchaîner baignade le matin et ruelles à l’ombre l’après-midi. Côté canyon, les belvédères des routes panoramiques offrent l’autre visage du site, comme le détaille notre guide pour visiter les gorges du Verdon.

Le pique-nique reste la formule reine sur les quatre plages, faute de restauration abondante en bord d’eau. Bauduen et Sainte-Croix-du-Verdon disposent de terrasses face au lac, Les Salles-sur-Verdon de commerces à quelques minutes, et le Galetas d’une offre saisonnière limitée aux stands des bases nautiques.

Prochaine étape : choisissez votre plage la veille au soir selon la météo et le vent annoncé, réglez le réveil pour être garé avant dix heures, et gardez une deuxième option sur l’autre rive au cas où le parking affiche complet. Cette règle des deux plages évite la moitié des mauvaises journées d’été autour du lac.